Un petit livre amusant à lire quand on est maman (ou papa). J'ai relevé pleins de passages, dont ceux-là :

"Ces petits pieds qui gigotent, ils cognaient dans mon ventre.
Je ne peux pas croire qu'il soit sorti de moi.
Un jour un livreur a sonné à ma porte, j'avais un gros ventre, dans le colis il y avait le bébé, et je n'ai plus eu de gros ventre."
(p.11)

"Au pied d'un escalier, seule, avec la poussette et le bébé.
S'empêtrer dans les voitures garées sur le trottoir, se coincer dans les battants d'un autobus, dans les grilles d'un caniveau, dans la foule à contresens. Ne même pas imaginer prendre le métro.
L'humiliation et la rage.
Lier les mains de mes ennemis à une poussette ; celles des maires de grandes villes ; celles des concepteurs de transports urbains.
Il est interdit de monter à bord d'un bus parisien avec une poussette ; repliée, elle est tolérée entre neuf heures et seize heures. Il s'agit donc de porter le bébé d'une main, l'engin de l'autre, et de tenir en équilibre sur la troisième."
(p.35)

"Il s'efforce, il nous parle, il va nous le dire : d'où il vient, ce qu'il sait. Il tente des syllabes, il échoue, il s'exaspère, on ne comprend rien, il pleure.
Et quand il saura parler, il aura tout oublier.
Cette lenteur de l'apprentissage, c'est un fait exprès : le temps de l'amnésie. Ainsi s'invente le secret des limbes."
(p.78)

"Je fais longuement pocher une poire, je la pèle, je l'écrase menu menu. Il n'en veut pas. Il veut bien de son petit pot." (p.119)

"Toutes les mères, à ce que je découvre, ont à raconter ce jour de honte, ou entre deux plis de leur gros bébé elles ont trouvé la crasse : ce qui résiste au bain.
A l'aine, sous le cou, sous la nuque, aux creux des poings, entre les orteils, dans les oreilles : des bébés chow-chow, des sacs de plis."
(p.133)

" "Diabolique", "guerre sainte", croisade", "bien et mal" - quand le bébé me demandera si Dieu existe, je lui répondrai que j'espère bien que non." (p.135)

"Quand je le filme il cesse de rire ou d'être si mignon : il fixe l'engin, interloqué. Sur toutes les images, le même tête : il se demande ce que je fais." (p.141)

"De première fois en première fois, laquelle marque un passage, laquelle marque un début, une fin ?" (p.187)

AUTEUR : Darrieussecq, Marie (1969-...)lebebe
TITRE : Le bébé
PUBLICATION : Paris : POL, 2005
IMPRIMEUR / FABRICANT : 61-Lonrai : Normandie roto impr.
DESCRIPTION MATÉRIELLE : 187 p. ; 19 cm
ISBN : 2-84682-069-4

QUATRIÈME DE COUVERTURE

Qu'est-ce qu'un bébé ?
Pourquoi si peu de bébés dans la littérature ?
Que faire des discours qui les entourent ?
Pourquoi dit-on " bébé " et pas " le bébé " ?
Qu'est-ce qu'une mère ? Et pourquoi les femmes plutôt que les hommes ?