Et bien, encore une mauvaise sélection dans ma liste pour le challenge, mais ce bouquin était depuis trop longtemps dans ma PAL (mars 2004...). J'étais à la fois curieuse de savoir ce qu'il renfermait, et impatiente de le ranger du coté des livres lus.Les 14 petites nouvelles de cet ensemble de récits traduit du chinois n'étaient vraiment pas accrochants. J'ai juste réussi à pousser ma curiosité jusqu'à la dernière page car, dans chaque nouvelle, je retrouvais des petits détails qui m'ont remémoré les deux années que  nous avons passé à Taipei. Les nouvelles se déroulent dans les années 50, mais j'y ai quand même retrouvé le Taipei que l'on a eu la chance de découvrir :

- p. 12 "[...] dans le quartier des résidences huppées de la quatrième section de l'avenue Ren'ai, ce qui signifie "Amour de l'Humanité" ; p. 98 cette même avenue est traduite par "[...] Amour et Charité" : une large, longue et belle avenue, toujours très bien entrenue car souvent empruntée par les officiels en voitures escortées... Ce n'est pas loin de l'université ou je prenais mes cours de chinois.

- p. 44 et 166 "[...] l'avenue de Changchun" : ou se trouvait un des cinémas ou on allait au début, la papeterie-librairie, pas loin aussi avant d'arriver sur Changchun il y avait le petit boui-boui ou on aimait manger ou prendre à emporter nos gyozas (mmm un régal !!!).

- p. 73 "Partout éclataient des pétards, à une cadence de plus en plus rapide [...]" : les fameux pétards, qui égayaient les rues toute l'année... parfois en nous faisant sursauter !

- p. 79 "[...] parc de Yangmingshan" : c'est le nom d'une des montagnes qui entourent la capitale, un bon endroit pour prendre un bon bol d'air frais, mais attention aux baisses de température, au brouillard et à la bruine qui sévissent là haut quand il fait beau et chaud dans la ville en bas, surtout quand on y va en scooter comme nous ! Pour se réconforter :  manger une patate douce cuite en papillote sur un feu de bois... Yangmingshan c'est aussi là ou j'ai fait un de mes stages, à la bibliothèque de l'Ecole Francaise qui se trouve tout là-haut. J'y allais en bus tous les matins, ces bus ou il faut regarder quel caractère chinois est eclairé quand on y monte, pour savoir si il faut payer en montant ou en descendant. Mais pour ce trajet-là, comme il était assez long, je payais en montant et en descendant aussi.

- p. 82 et 97 "[...] Keelung" : quand, sans aller trop loin, on voulait voir la mer, aller sur une plage, mais on allait plutot vers Yelu.

- p. 97 et 183 "[...] la monnaie en papier" que les Taiwanais brulaient souvent dans un petit pot, devant leur magasin, leur maison... pour prier, amener les faveurs des esprits, etc...

- p. 115 et 274 "[...] la section est de l'avenue de Nankin" : tout prêt de notre rue, nous habitions dans YiTong Street, entre Nanjing, ChangAn, JianGuo et SongJiang. Nanjing, la rue ou il y avait la Fnac et ses bouquins en francais !!!

- p. 122 "[...] au marché de la Porte Est" : je ne connais pas, mais j'allais souvent dans le quartier de la Porte Ouest, Hsimenting, devenu un quartier piétonnier super sympa.

- p. 150 "[...] la rivière Tamsui" : une de nos premières ballades, quelques jours après notre arrivée, et première grosse déception face au "tourisme" à la taiwanaise...

- p. 168 "L'année dernière, à la huitième lune, quand est passé le typhon, la zone de l'avenue de Changchun a été complètement inondée [...]" : les fameux typhons... je ne me souviens plus des noms de ceux que l'on a eu pendant notre passage à Taipei, il y en a eu un en particulier (Nari) qui avait bien inondé partout, Nanjing est restée longtemps les pieds dans l'eau ; plus au sud-est, vers Hsinyi, les poubelles ne passaient plus, et les déchets se sont vite accumulés sur les trottoirs. Les pompes à eau ont fonctionné pendant plus d'une semaine. Impressionant...

- p. 169 "Jamais je n'aurais songé à mettre les pieds dans un bled comme Taipei ! Typhon cette année, tremblement de terre l'an prochain [...]" : pour achever le tableau des catastrophes naturelles, il faut bien sur parler des tremblements de terre. Là aussi on a vécu quelques expériences (notamment le dimanche 31 mars 2002...). La sensation que l'on ressent est presque indéscriptible car on ne peut pas s'imaginer bouger ainsi parce que la terre bouge. C'est très troublant. Après le premier tremblement de terre, longtemps après, on a souvent l'impression, à tort, que la terre tremble de nouveau... C'est la peur qui rend parano. Et puis, petit à petit, comme tout bon Taiwanais, on finit par vivre avec, c'est vrai, sans parfois vraiment comprendre comment !?!

- p. 238 "[...] il y a si longtemps que tu n'es pas venue ! Tu dois trouver Taipei un tout petit peu changé, n'est-ce pas ?" : et bien nous, entre notre arrivée en 2001 et notre départ en 2003, la ville a énormément changé, certains quartiers complètement transformés voire méconnaissable, comme celui de la fameuse Taipei 101.

- p. 239 "A Taipei, il tombe en général une pluie pénétrante les nuits d'hiver. [...] La vieille robe ouatée, épaisse et lourde, qui le couvrait ne parvenait pas à le protéger de l'insidieux froid humide qui vous pénétrait jusqu'aux os les nuits d'hiver à Taipei." Cette toute dernière phrase ne peut pas mieux décrire ce que l'on ressent en hiver dans cette ville. Car il y a bien un hiver à Taipei, et il n'est pas très agréable cet insidieux froid humide qui pénètre jusqu'aux os. J'avais beau accumuler les pulls, rien à faire ! 

gensdetaipei

AUTEUR : Bai, Xianyong (1937-....)
TITRE : Gens de Taipei
TITRE ORIGINAL : Taibei ren
TRADUIT DE l'anglais PAR Michèle Valencia
PUBLICATION : Arles : P. Picquier, 2000
IMPRIMEUR / FABRICANT : 13-Gémenos : Impr. Robert
DESCRIPTION MATÉRIELLE : 274 p. : couv. ill. en coul. ; 17 cm
COLLECTION : Picquier poche ; 132
ISBN : 2-87730-480-9


QUATRIÈME DE COUVERTURE

Les gens de Taipei tentent de retenir les heures de gloire et le temps des splendeurs passées, celles d'avant l'exil de Chine populaire. Cantatrice ou taxi-girl, officiers ou entraineuses, à l'automne de leur vie ils s'abiment dans leurs rêves brisés et la consolation de dérisoires banquets d'anniversaire en mémoire des jours d'antan. L'innocence d'un premier amour, la célébrite un instant retrouvée, l'héroisme militaire, ils les ressuscitent dans les dancings et aux tables de mah-jong avant de reprendre leurs rêveries et leurs confidences nostalgiques dans des jardins d'azalées.
Une chronique du Taipei des années cinquante, celle du temps retrouvé, par l'un des plus importants écrivains de Taiwan.