au_rebond

Auteur : Jean-Philippe Blondel, (1964-....)
Titre : Au rebond
Éditeur :  Actes Sud Junior, janvier 2009
Format
: 99 pages

Résumé : Depuis toujours le narrateur vit dans une cité seul avec sa mère, infirmière. Christian, son seul vrai « pote », habite lui dans un quartier résidentiel avec un père, absent également car perpétuellement en voyages d’affaires. Mais ce qui unit les deux garçons, c’est le basket : les séances d’entraînement à deux, la dépense physique, le sentiment d’obéir à ses impulsions, « l’impression pendant deux secondes que cela ne s’arrêtera pas, qu’on décollera, qu’on dépassera le panier, qu’on montera jusqu’au plafond, ce plafond qui s’ouvrira pour laisser passer le corps en apesanteur, c’est ça, en apesanteur, loin de tous les soucis terrestres »… Du jour au lendemain, Christian ne donne plus signe de vie. Qu’est-on censé faire quand un camarade s’évapore ? Peut-être forcer le destin, se renseigner par tous les moyens, quitte à entrer – même par effraction –, dans sa maison, dans sa vie. En sauvant son ami Christian d’une crise familiale, le narrateur éprouve la joie du sursaut. C’est le commencement d’un profond et durable bouleversement dans sa propre existence. Un roman fraternel et optimiste.                            

Mon avis : Ce roman m'a beaucoup fait penser à Ensemble, c'est tout. Ici, c'est l'histoire d'une amitié entre deux ados liés par une même passion pour le basket. Hormis cette passion, tout semble les éloigner, mais il n'en est rien. Les liens vont se resserrer, pour se souder à jamais. Les difficultés de l'un (Christian) vont être un déclic pour l'autre (Alex) qui, en aidant son ami et sa mère embarqués dans une galère à cause d'un père volage, va puiser dans cette amitié tout ce qui lui manquait, et renouer avec sa propre mère. Si vous avez aimé Ensemble, c'est tout, vous aimerez Au rebond. Si vous ne les avez pas lu, allez y les yeux fermés !

Morceaux choisis :

"Je me mets à rougir violemment. Ma mère qui me parle de blogs, c'est un peu comme si d'Artagnan arrivait à Paris en TGV. Je ne savais même pas qu'elle connaissait ce mot-là." (p. 29)

"Des livres, oui. Christian aime les livres. Moi aussi. Nous somme surpris de le découvrir. Nous nous rendons compte brutalement que nous ne nous connaissons pas aussi bien que nous le croyions. Parce que les garçons, entre eux, ça parle de filles, de sport, de films d'action — mais rarement de lecture. Peur du ridicule. Ou de l'étrange. Pas envie de la posture du poète maudit. Ça tombe bien. Je n'aime pas tellement la poésie. Ni le théâtre. Ni le XIXe siècle. Ni tous ces textes qu'on nous enfourne au lycée, comme si la littérature, ce devait être obligatoirement de l'histoire littéraire. Comme si la littérature, ce n'était pas ici et maintenant." (p. 63)

"Au bout d'une demi-heure, nous formons une équipe. Peut-être pas une famille, parce que deux demi-familles, ça ne recrée jamais une vraie famille — surtout quand il n'y a pas de père. Mais une équipe, oui. Et une équipe, mine de rien, c'est sans doute plus solide qu'une famille. Plus solide, parce que plus solidaire." (p. 89)

"Et c'est extraordinairement émouvant, quelqu'un qui se redresse. Quelqu'un qui relève la tête, petit à petit, et se remet à regarder droit devant, sans ciller. Je suis content d'avoir assisté à ça, dans ma vie. Une éclosion. Et tant pis pour les cyniques qui trouveront ça ridicule." (p. 92)