calvinocalvina

Calvino-Calvina de Carlo Frabetti - Les Grandes Personnes, 2010.

 

Résumé : Dans le monde de notre héros, Calvino, les morts sont parfois vivants, les fous se prennent pour des livres, et les géants sont aussi des nains. Tout n’est qu’illusion et faux-semblants. Un roman loufoque aux rebondissements spectaculaires, où l’auteur nous invite à le suivre pour mieux nous perdre…


Mon avis : une belle histoire, farfelue, et qui en même temps apporte une certaine réflexion sur le livre, la lecture.

 

"Le John Silver du roman n'est rien d'autre qu'un tas de lettres mises dans un certain ordre sur des feuilles de papier. C'est moi, lecteur, qui fais en sorte que toutes ces lettres se transforment en un personnage." (p.39)

"L'Ile au trésor, comme tous les livres, est un plan, un plan à partir duquel notre imagination peut construire bien plus qu'une maison : tout un monde peuplé de personnages fascinants. Le plan est très simple, ce sont des rangées de lettres sur des feuilles de papier. Mais le monde que chaque lecteur se bâtit mentalement à partir de ce livre-plan est infini ; il contient tout ce qui se trouve dans le livre, et bien d'autres choses encore." (p.40-41)

"Les livres nous aident à prendre nos distances avec la réalité [...] En lisant, nous faisons tous, d'une manière ou d'une autre, la même chose [...] : nous nous identifions aux personnages et nous revivons leurs aventures. [...] cela nous éloigne pendant quelque temps de notre quotidien. Mais s'il s'agit d'un bon livre, autrement dit d'une oeuvre qui stimule notre imagination, qui nous fait réfléchir et nous incite à nous poser des questions, alors nous revenons ensuite au monde un peu plus forts et un peu plus sages qu'avant." (p.45)

"Le cinéma fait beaucoup moins travailler l'esprit que la lecture. [...] pendant que vous regardez le film, votre imagination est nettement moins stimulée que lorsque vous lisez. Le cinéma nous offre presque du tout cuit : on peut voir les personnages, entendre leur voix, observer leurs agissements... Alors qu'au cours de la lecture, [...] on bâtit mentalement tout un monde d'images et d'idées." (p.48)


On y trouve aussi des concepts originaux, comme la librairie-pharmacie où l'on prescrit les livres comme des médicaments ("Dix pages le matin, dix autres à midi, et vingt avant de dormir." p.44) et le cinéma-dortoir...