blog

Auteur : Jean-Philippe Blondel (1964-....)
Titre : Blog
Éditeur :  Actes Sud Junior, mars 2010
Format
: 114 pages

Résumé : Quand le narrateur découvre que son père espionne son blog, cette révélation lui fait l'effet d'une trahison, d'un « viol virtuel ».
Révolté, il décide de ne plus lui adresser la parole.
Pour se racheter, son père lui fait un don... une plongée dans le passé qui ne sera pas sans conséquence.
   
             

Mon avis : Deuxième roman de Jean-Philippe Blondel que je lis, et j'apprécie une nouvelle fois cet auteur. Dans Blog, l'ado-narrateur nous met dans la confidence dès les premières pages. Il vient de découvrir ce que son père lui a fait, c'est la "stupeur, la colère [...] putain de merde. [...] Il a lu mon blog." La situation peut faire sourire au début : un blog est fait pour être lu, non ? Oui, mais par tous ? Par ses propres parents aussi ??? La narrateur écrivait dans ce blog ce qui ne pouvait être dit autour de la table de la cuisine, en famille, toutes ces choses que l'on préfère raconter, divulguer, susurrer à des dizaines, des centaines, voir des milliers de personnes inconnues, à tous ces ami(e)s virtuels du net. Mais l'histoire n'est pas là pour nous faire sourire. A travers ce "psychodrame", l'auteur nous amène une fois de plus à penser nos relations avec les autres, avec nos proches. Alors qu'il pensait que cette trahison allait l'éloigner à jamais de son père, le narrateur va se sentir de plus en plus proche de celui par qui tout est arrivé. La cause devient le remède. Le problème devient la solution. Un roman profondément humain, une fois de plus...

Morceaux choisis :

"Est-ce vraiment grandir, vieillir, se marier, avoir des enfants, ça te coupe de tout ce que tu souhaitais devenir ?" (p.66)

"J'ai tellement été le nez sur le guidon, à vous élever toi et ta sœur, à tenter aussi de faire réussir mes élèves. A faire en sorte de joindre les deux bouts, de rendre ta mère heureuse, de pouvoir vous offrir un avenir. Je me suis oublié dans mon métier et dans ma famille, et du coup, j'ai oublié la douleur." (p.104)

"Des journées comme celle-là, j'en connaîtrai moins d'une dizaine dans ma vie. Elles seront mes repères, l'articulation de mon histoire." (p.107)

"Je la vois qui me cherche du regard. Cela m'émeut. Je comprends que, pour quelqu'un, aujourd'hui, je suis la personne la plus importante sur terre. Je ne sais pas combien de temps cela durera. Je ne sais pas si dans trente ans, elle ne sera qu'un nom sur les pages d'un blog oublié, mais je m'en fous. Ce qui compte, c'est ici et maintenant." (p.109)